Mingalaba,
Nous quittons Bangkok tot ce matin (vers les 3h45 du mat).
On attend, on va boire un cafe, on papotte, no stress quoi, seulement il faut maintenant qu on se grouille il nous reste 10 min pour embarquer ! Du coup, on est oblige de doubler toute une file d’attente (avec la permission des gens) pour ne pas rater l’avion, on est les dernier a embarquer…
Bon, c’est bon on y est dans l’avion. Yangon airport, peu de monde, quelqu’un nous accoste et nous propose de nous emmener a une guest house: Mother land. On accepte, on embarque avec un couple de francais qui vadrouille depuis 6 mois (trop de la chance !) et la on nous propose un ptit dej copieux, omelette cafe toast part de cake beurre et confiture banane, et gratuitement, c’en est meme genant !
On s’installe dans l’auberge, le lit est immense et il y a un gros ventilateur au plafond (pas du luxe). On part visiter les alentours, l’objectif etant le MTT (office de tourisme) et le “marche noir”, le moyen “officiel” de changer nos dollars en kyats.
Dans notre errance et avec l’aide d’une carte fournie a l’aeroport, nous avons la chance de tomber sur Mr.Toe, qui nous accoste pour nous donner conseil. D’abord reticent, nous finissons par l’ecouter et il nous trace alors un itineraire complet pour notre sejour ici, legerement different de celui que nous avions prevu.
Il nous emmene aussi dans une cordonnerie ou l’on a pu changer 300 dollars en kyats. Il faut savoir que :
- On ne peut pas retirer d’argent, utiliser une carte ni de traveller’s checks en Brimanie
- Donc, nous nous trimballons depuis 1 semaine avec assez d’argent pour le temps que l’on va passer ici (2000 US$ !)
- C’est deja peu rassurant, mais, en plus de collectionner dans nos portefeuilles les euros, les dollars, et les bahts (thailande), il nous faut aussi des kyats !
- Un dollars vaut a peu pres 1000 kyats. La plus grosse coupure ici est le billet de 1000 kyats, et nous avons change 300 $ (car les hotels et autres acceptent le US$)…
- Donc nous nous retrouvons avec 300 000 kyats, sous forme de 3 liasses de 100 billets !!! la place que ca prend…
Apres avoir essaye de cacher tant bien que mal notre nouvelle fortune dans nos poches, nous partons pour le “Bogyoke” market, afin de prendre nos tickets de bus pour le lac Inle. On etait tres fatigue, du coup on a mis du temps a trouver le guichet, pour se rendre compte apres l’achat que toute la rue proposait des tickets; on aurait pu comparer les prix !
Au final, nous partons demain (dimanche
a 10h45. Chose surprenante, ici le decalage horaire avec la France est de 5h30.
Ensuite, on a marche des heures dans les rues defoncees (sans exagerer) de Yangon, visiter un temple (de Kali, reine de la guerre), et apprehender le peuple Birman. Les gens ici ont un indescriptible sourire, proposent leur aides, et sont tres tres intrigues; on a l’impression d’etre des betes de foire sur tout notre passage. A noter que dans les rues, sur nos 3heures de promenade, nous avons croise 3 touristes, ce qui est terriblement peu… en un mot, on est totalement depayses.
Enfin, une douche, et au lit.
Samedi 7
On avait prevu de se lever tot (5h) pour visiter la pagode Shew Dagon a l’aurore; trop creve, on fait une grasse mat. On termine le meme petit dej geant a 9h, puis on (Maud surtout) decide d’aller dans un village de potiers, sur une ile (separee par un fleuve) au Sud de Yangoon, Thawat.
Ca paraissait simple et anodin, ce fut a la fois complique et merveilleux.
En realite, arrive au port pour acheter nos billets, on est redirige du guichet vers le “office manager”, qui nous dit qu’il faut des “permissions”. On va chercher ces autorisations au MTT, ou l’on doit ecrire une page complete destinee a la police locale, disant a peu pres “Nous sommes des voyageurs qui veullent aller a Thawat pour revenir dans la journee, et nous ne nous interessons pas du tout du tout aux affaires politiques”.
De plus il faut aller photocopier 4 exemplaire d’un document officiel (bien sur, noms et numeros de passeports dument remplis). On revient avec nos photocopies, on croise un canadien dans le meme periple administratif, puis on fonce a nouveau au port.
Sur la route, on croise une petite fille (14 ans), qui veut nous vendre des cartes postales. Elle parle bien anglais, et quand on lui dit qu’on est francais, nous sort 2-3 mots d’un francais impeccable. On fait les yeux rond, on lui dit non pour les cartes postales, elle nous accompagne quand meme au port.
En arrivant, elle nous propose son aide en tant que guide sur l’ile. Elle est tellement charmante que nous acceptons, sachant que le prix est “up to you” (a notre convenance). Elle est toute genee et n’ose pas demander une somme precise… on paiera a la fin.
Elisabeth nous accompagne alors le long de la traversee. On paie 1$ la traversee (avec la sensation que tout les locaux paient beaucoup moins pour 10mn de bateau ! l’etat aime les touristes).
Arrives sur l’autre rive, il faut encore 45mn de route en pickup pour atteindre le village de potiers. Une floppee de Birmans nous sautent dessus pour nous vendre leur service de taxi, a prix d’or.
Apres 15mn de negociations (imaginez-nous, gros timides que nous sommes, negocier un prix devant autant de gens, sans comprendre un mot de ce qu’ils se disent !), on finit par accepter leur prix sans avoir pu rabaisser d’un kyat. Tout le monde alors rigole et applaudi notre patience, et ZoZo et SanKi sont nos chauffeurs attitres pour nous emmener avec Elizabeth, au village.
Deja, on hallucine, la route est completement defoncee; meme en 4×4, on est ballote dans tous les sens (sutout qu’on est dans le coffre du pickup). On en profite pour papoter un peu avec Elizabeth, qui commence par nous demander si on a nos parents… drole de question, on repond oui, elle repond “you are lucky”, elle n’as plus que sa maman.
Ensuite elle nous montre son quartier, en disant que tout a ete detruit par “le cyclone”, que sa maison a ete reconstruite, son ecole deplacee, … et tout ca, avec un grand sourire.
On a les larmes aux yeux en ecoutant cela, tandis que l’on continue a etre ballote comme des sacs a patate.
Apres tout cela, on voit les potiers travailler devant nous (quelle dexterite !), en fait ils produisent a 2-3 familles toute une production qui seche dans de grands hangars. Maud est passionnee
On passe ensuite voir une pagode proche (sorte de treeeees grand rond point entoures de temples, dur a decrire).
Puis on decide de prendre une bierrrre pour se remettre de nos emotions, le chauffeur ZoZo lui, decide d’en profiter pour en boire 2 a nos frais. Soit, on est de toutes facons tellement retournes qu’on ne se defend pas.
Retour avec les memes larmes aux yeux et le meme mal aux fesses (d’autant plus que ZoZo decide de conduire beaucoup plus vite), on reprend le bateau, on achete une carte postale et on paie qq sous a Elizabeth avant de lui dire au revoir.
Fatigues mais pas encore morts, on s’arrete pour manger un bout dans un restaurant, avant de comprendre qu’il s’agit d’un Tea Shop. Toute la salle rigole alors qu’on denande a manger, du coup on prend du the, super bon. Le ridicule ne tue pas, par contre il entraine encore une flopee de sourires et d’autres etoiles dans nos yeux…
On finit par aller visiter l’incontournable pagode “Shew Dagon”, alors que le soleil se couche (18h). Pas de surprise, c’est un “pompe-touriste” car 5$ par personne. Il faudrait 5$ de plus pour le guide, on lui dit non, en faisant confiance au “guide du routard” pour les explications.
On enleve nos chaussures (on est deja habitue), on marche un peu, quand moine (nomme “GuRu”, ca s’invente pas) nous accoste. Questions habituelles : vous venez d’ou, vous restez combien de temps, toussa…
A savoir que depuis notre depart on est intrigues par les Bonzes, qui inspirent respect et sagesse, mais nous ne savons jamais si nous devons leur parler, les saluer ou les ignorer.
GuRu se propose de nous guider dans la pagode, et nous raconte alors en anglais et dans un accent horrible les histoires de Buddha, des Nats, et autres choses majestueuses que l’on trouve dans le temple.
Majestueux, oui, on se croirait dans les cites d’or. Trop dur a decrire, et, desole, on ne peux pas mettre de photos pour l’instant.
Tout a la fin, notre guide se fait “discretement” rappeler a l’ordre par un officier de police, Guru arrive a nous glisser rapidement que ce n’est pas bon pour lui de nous guider gratuitement… ca fait perdre de l’argent a l’etat. Encore un signe discret et malsain de l’omnispresence de l’etat, dont jamais on ne peut parler, mais c’est comme un immense secret de polichinnelle.
On finit par rentrer en taxi, douche, biere, internet (il a fallu se motiver !), et la on va aller se coucher (ouf).
Dimanche 8
On avait prevu de poster ce message hier soir, mais la connexion internet tres instable a encore coupe.
On va passer 15h dans un bus, tout le monde nous a dit que c’etait difficile (routes defoncees, clim trop forte ou trop faible, musique a fond sans interruption, sieges pourris,…), on verra bien !!!
On part a 10h45 (5h15 on crois, pour vous), on devrait arriver dans la nuit. On ne sait pas quand on aura a nouveau un acces au net.
Bises a tous, et, meme si on n’a pas le temps de repondre a vos commentaires, sachez qu’ils nous font enormement plaisir; merci.
A bientot !